Des jeunes leaders africains se réunissent en Éthiopie pour lancer un modèle d'envoi de missions à l'échelle du continent.

L’Association des Évangéliques d’Afrique, en partenariat avec le Forum stratégique mondial, a organisé une consultation continentale historique à Bishoftu, en Éthiopie, réunissant 26 jeunes leaders de tout le continent afin de définir l’avenir des missions menées par les Africains. Cette rencontre de deux jours, qui s’est tenue les 16 et 17, a marqué une étape décisive vers le lancement du modèle d’envoi de la Mission de la jeunesse d’Antioche en Afrique.

Des délégués venus du Kenya, du Botswana, de Madagascar, de Guinée-Bissau, d'Ouganda, de la République démocratique du Congo, de la République centrafricaine, du Cameroun, de Sierra Leone et du Nigeria représentaient une grande diversité de contextes culturels, linguistiques et ecclésiaux rarement réunis dans une même pièce.

La consultation a été marquée par les présentations du Dr William Wagner, du Dr Mark Wagner, du Dr Eli Mercer, du Dr Melinda et du Dr Master Matlhaope, qui ont chacun abordé le rôle crucial, et souvent méconnu, de l'Église africaine dans les missions mondiales. Les intervenants ont souligné que l'évolution démographique du continent et les perspectives qu'elle offre à une nouvelle génération de missionnaires constituaient un thème central de la rencontre.

Le modèle d'Antioche

Au cœur de la consultation se trouvait le cadre d'Antioche lui-même : une approche structurée et fondée sur la Bible qui envoie de jeunes missionnaires par paires, suivant le modèle “ deux par deux ” tiré du Nouveau Testament, sous la supervision directe des églises locales et des Alliances évangéliques nationales opérant sous l'égide continentale de l'AEA.

Les séances ont été très interactives. Les jeunes leaders ont contesté les propositions, posé des questions difficiles et façonné le plan de mise en œuvre du modèle pour qu'il reflète les réalités du terrain, qu'il s'agisse des contraintes de financement, de la logistique transfrontalière, de la sensibilité culturelle ou des capacités variables des structures d'alliances nationales.

Que se passe-t-il ensuite ?

À leur départ de Bishoftu, chacun des 26 délégués est muni d'un mandat clair : rentrer chez lui, dialoguer avec les responsables de l'Alliance évangélique nationale et plaider en faveur de l'adoption nationale du modèle d'Antioche. L'issue de ces échanges nationaux déterminera quels pays entameront la phase pilote.

La direction de l'AEA a décrit cette approche consultative comme une appropriation délibérée au niveau national, qu'elle a soulignée comme étant indispensable. Elle constitue le fondement sur lequel se construisent les mouvements missionnaires durables.

L'organisation s'est dite convaincue que ce qui a commencé à Bishoftu se transformera en un mouvement dynamique et autonome de jeunes missionnaires africains œuvrant sur tout le continent et dans le monde entier.